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Je déménage. Ce week-end, avant la rentrée à la fac, je vais habiter dans mon nouveau studio. Je n’aurais pas immédiatement de connexion Internet. Il me faudra attendre entre deux et trois semaines. Ce blog va donc s’arrêter. Les trois parties sont terminées. Voilà. Je suis à la fois content, soulagé, satisfait, mais aussi un peu triste de quitter tout cela. De m’en aller, car je perds une partie de moi. Oui, on s’habitue vite à ce monde virtuel. Et puis, ça peut paraître ridicule, mais ce blog était important pour mon équilibre. Je suis donc un peu triste. Je tenais à vous remercier pour tous vos commentaires, vos mots d’encouragement et vos réactions qui m’ont à chaque fois fait très plaisir, et souvent énormément touchés. Merci à ceux qui me lisent et qui laissent des commentaires de temps à autres, mais aussi toutes celles et tous ceux qui lisent sans oser commenter. Pas l’envie, pas le temps, ne voient pas l’utilité. C’est votre droit. Vous avez peut-être raison. J’en sais rien. Et c’est pas la question. En tous cas, merci à toutes et à tous. Mille fois merci. Merci, merci, merci… Mais je reviendrai. Dès que j’aurais réussi à récupérer Internet dans mon studio, je reviendrai sur un autre blog. Ce blog s’appelle Aujourd’hui je pleure, comme la chanson d’Indochine (Oui, je sais, mais quand on est fan, que voulez-vous…), et vous pourrez le trouver à cette adresse : http://textescourts.mabulle.com. Cette absence va m’être longue, mais je pourrai en profiter pour travailler un peu mes cours (quand même), régler certains trucs, et aussi écrire, encore et encore. Je passerai sur vos blogs pour vous dire que je suis là, et je posterai sur mon nouveau, dès que j’aurais retrouvé toutes mes capacités techniques. 
Puisque l'ombre gagne Puisqu'il n'est pas de montagne Au-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubli Puisqu'il faut apprendre A défaut de le comprendre A rêver nos désirs et vivre des ainsi soit-il Et puisque tu penses Comme une intime évidence Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire Puisque c'est ailleurs Qu'ira mieux battre ton coeur Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir Puisque tu pars Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles Sauront t'aimer mieux que nous puisque l'on ne peut t'aimer plus Que la vie t'apprenne Mais que tu restes le même Si tu te trahissais, nous t'aurions tout à fait perdu Garde cette chance Que nous t'envions en silence Cette force de penser que le plus beau reste à venir Et loin de nos villes Comme octobre l'est d'avril Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte Indélébile Sans drame, sans larmes Pauvres et dérisoires armes Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur Puisque ta maison Aujourd'hui, c'est l'horizon Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir Mais pas trop tard Dans ton histoire Garde en memoire Notre au revoir Puisque tu pars J'aurais pu fermer, oublier toutes ces portes Tout quitter sur un simple geste, mais tu ne l'as pas fait J'aurais pu donner tant d'amour et tant de force Mais tout ce que je pouvais, ça n'était pas encore assez Pas assez, pas assez, pas assez... Puisque tu pars, Jean-Jacques Goldman, Entre gris clair et gris foncé, 1987
Voilà. C’est la vie qui avance. C’est comme si je regardais un appartement vide, une maison vide, dans laquelle j’aurais vécu des années heureuses. Et puis les meubles ne sont plus là. Il n’y a plus rien. Seulement ce morceau de papier arraché dont on ne se souvenait plus parce qu’il y avait un meuble devant, et ce tableau qui a laissé une trace sur le mur, et nos voix qui résonnent, et ces rires qui ne sont faits que pour ne pas pleurer. Tristesse et mélancolie. Se remémorer ces moments que l’on a passés ici. Des moments de vie, des moments d’amour. Moi, même si je n’ai pas connu que du bonheur, ici, loin de là, même si partir est un réel soulagement, et même presque une nécessité pour ma survie, je suis triste, parce que cette maison a porté ma jeunesse depuis le début, a porté ma genèse, mon évolution. Elle m’a vu grandir alors qu’on hésitait à me laisser les couches la nuit, de peur que je ne trempe mes draps. Les premiers instants à l’école. Je me souviens. Et puis apprendre à lire, et commencer à déchiffrer les panneaux sur les routes, à l’arrière de la voiture de Papa et Maman, et puis la vie. L’école primaire. Les copains et les bêtises. Et le collège, les premières filles, les premiers désirs, les premiers baisers, le lycée et les premières expériences sexuelles. Le divorce de mes parents. La découverte de la musique et Indo, la tristesse, le pessimisme, et la découverte de moi-même, ce qui a changé ma vie. Je revois cette maison, cette chambre, mon lit que je quitte. C’était bien, quand même, avant. Et puis la vie aussi. Ces dernières années qui n’ont pas été les plus faciles. Ces nuits de solitudes et de pleurs à se dire que l’avenir n’existe pas, à se demander si on allait avoir le courage d’en terminer dans les jours qui viennent, et même jusqu’à planifier ce dernier moment, le moment de la mort, et puis, par faiblesse, avoir de l’espoir, des larmes dans l’âme. Et puis souffrir, souffrir, souffrir, et repenser à cette vie qui était belle, et qui s’est échappée dans les mains d’un autre. Alors voilà. Je m’en vais. J’ai senti qu’il était venu que je quitte la maison familiale, et que j’habite seul, dans un appartement, dans ma ville, à Reims, ou ma misanthropie puisse enfin se développer tranquillement. Oui, je sais, à vingt ans, il serait temps ! C’est comme juste avant la mort. On revoit ces choses et ces moments heureux. Même si j’ai souffert, ici. Même si je n’ai jamais été plus malheureux qu’ici, j’ai aussi ces souvenirs que je dois parfois aller chercher loin dans l’enfance, avec des gens dont j’avais presque oublié l’existence. Comme à l’aube de la mort. Les premiers souvenirs. L’enfance. L’insouciance. Je me souviens du bonheur… Mon appartement m’attend. Je n’ai plus qu’à y aller. Voilà. Je vais poster ce message, triste, clôturant ce blog. Et puis je m’en irai. Rouler, et regarder les traits blancs défiler sur la route. « Il y a que les routes qui sont belles… ». Voilà. Changer de vie. Partir. Et vous retrouver. A un autre endroit. Un autre chez moi. Je vois déjà les traits blancs qui défilent, la musique couvrant le bruit du moteur. Les phares trouant la nuit… Allez, mettons les voiles… 
Encore une fois, merci. Infiniment. A bientôt, j’espère. JE VOUS AIME ! JE VOUS AIME ! JE VOUS AIME !
01-10-2006, 01:31:32 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
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